Les élections municipales ne servent pas uniquement à gérer le quotidien (écoles, espaces verts, festivités, budget).
Elles déterminent surtout qui décide de l’avenir de la commune et de son évolution à long terme. Les choix faits par les élus municipaux engagent le territoire pour de nombreuses années, notamment en matière d’urbanisme, de construction et de logement.
Ces décisions influencent directement la densité de population, la circulation, les équipements publics, l’environnement et la qualité du cadre de vie. Une orientation mal maîtrisée peut transformer durablement la commune, sans possibilité de revenir en arrière.
Par ailleurs, une part importante de ces décisions n’est plus prise uniquement en mairie. Elles sont désormais débattues et arrêtées à l’échelle intercommunale, au sein de la Communauté de Communes Entre Juine et Renarde (CCEJR), où siègent le maire et les deux élus municipaux. Voter aux municipales, c’est donc aussi choisir qui représentera la commune dans ces instances, qui portera ses intérêts et qui aura la capacité d’influencer les choix structurants sur l’urbanisme, le logement et la protection du cadre de vie.

POURQUOI C’EST IMPORTANT ?
Parce que les choix faits aujourd’hui engagent la commune pour 15 à 20 ans, ils dépassent largement un simple mandat municipal. L’élaboration actuelle du SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) influe en matière d’urbanisme et sont souvent irréversibles : une zone rendue constructible le reste durablement, une densité autorisée ne se réduit pas facilement, et un document d’urbanisme modifié s’impose aux équipes suivantes. Ces choix structurent l’évolution de la commune sur le long terme et conditionnent sa capacité à maîtriser son développement.
Ces décisions ont un impact direct sur la vie quotidienne des habitants. Elles influencent la population, le nombre d’élèves à scolariser, la circulation, la pression sur les réseaux et l’environnement, ainsi que la valeur du patrimoine immobilier. Une croissance mal anticipée peut créer des déséquilibres durables : équipements insuffisants, saturation des infrastructures, perte de qualité de vie. Une fois certaines orientations actées, il est souvent trop tard pour revenir en arrière.
COMMENT LES DÉCISIONS SONT PRISES EN RÉALITÉ ?
Il existe aujourd’hui deux niveaux de décision distincts, avec des responsabilités très différentes.
- La commune gère principalement le quotidien : écoles (personnels ATSEM, entretien, équipements, périscolaire), trottoirs, éclairage public, espaces verts, associations, sécurité locale et budget communal. Ces compétences représentent l’essentiel des services visibles par les habitants, mais elles portent surtout sur le fonctionnement à court terme. À titre d’exemple, les dépenses scolaires, périscolaires et d’entretien représentent une part importante du budget communal, mais n’influent pas directement sur la structure future de la commune.
- Les décisions les plus engageantes sont prises au niveau de l’intercommunalité, la Communauté de Communes Entre Juine et Renarde. C’est à cette échelle qu’est élaboré le SCoT qui définit les règles d’urbanisme et d’aménagement du territoire que devra respecter le PLU en matière de politique du logement, d’ouverture de zones constructibles, de niveaux de densité, ainsi que de développement économique. Ces choix conditionnent directement l’évolution démographique : une zone ouverte à la construction peut générer des dizaines, voire des centaines de nouveaux logements sur plusieurs années, avec des conséquences mécaniques sur les écoles, la circulation, les réseaux d’eau et d’assainissement, et les finances locales.
Le SDRIF-e vient d’être imposé par la Région et le SCoT de la CCEJR est en phase finale d’adoption. C’est maintenant que les choses se jouent. L’élaboration actuelle du SCoT de la CCEJR, qui doit intégrer les nouvelles contraintes environnementales régionales (SDRIF-e), rend ce choix encore plus crucial aujourd’hui. Une fois ces orientations votées à l’échelle intercommunale à travers le SCoT, elles s’imposent à la commune. Le conseil municipal ne peut plus librement refuser les orientations conformes au SCoT. C’est pourquoi le rôle des élus municipaux qui siègent à l’intercommunalité est déterminant : ils participent aux commissions, aux arbitrages et aux votes qui structurent le territoire pour 15 à 20 ans. Les municipales ne déterminent donc pas seulement la gestion du présent, mais la capacité réelle de la commune à maîtriser son avenir. (Source : Le SDRIF-E : Île-de-France objectif 2040 | Région Île-de-France)
PAR QUI CES DÉCISIONS SONT-ELLES PORTÉES ?
Les décisions prises à l’échelle intercommunale ne sont pas abstraites ni techniques : elles sont portées par des élus locaux bien identifiés. Pour Bouray-sur-Juine, il s’agit du maire et des deux autres conseillers élus pour représenter la commune au sein du conseil de la Communauté de Communes Entre Juine et Renarde. Ces élus participent aux commissions, débattent des orientations, négocient avec les autres communes et votent les décisions structurantes. Leur implication, leur crédibilité et leurs capacités à convaincre influencent directement les choix retenus.
Quand vous votez aux municipales, vous ne choisissez donc pas seulement une équipe pour gérer le quotidien. Vous choisissez aussi qui portera la voix de la commune à l’intercommunalité. Selon les positions défendues, ces représentants peuvent protéger le cadre de vie et le patrimoine local, ou au contraire laisser passer des orientations favorisant une urbanisation plus dense. Une fois les arbitrages rendus à ce niveau, la commune dispose de très peu de leviers pour s’y opposer.
Explication clé : le PLU, un document qui verrouille l’avenir
Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) est le document le plus déterminant pour l’avenir de la commune. Il fixe précisément où l’on peut construire, combien de logements sont autorisés, quel type de constructions est possible et quelle densité est imposée. Il ne concerne pas un projet isolé, mais l’ensemble des projets à venir pendant 15 à 20 ans.
Modifier un PLU n’est jamais anodin. Cela peut entraîner une urbanisation accrue, une augmentation durable de la population, une pression supplémentaire sur les écoles, les réseaux d’eau et d’assainissement, ainsi qu’une artificialisation des sols. Une fois ces règles inscrites, un projet conforme devient juridiquement difficile à refuser et les futurs conseils municipaux sont contraints de les appliquer. Les décisions prises aujourd’hui conditionnent donc durablement la capacité de la commune à maîtriser son développement.
Lien utile : https://france-cadastre.fr/plu/91095
Modifier le PLU : un risque direct pour le patrimoine des propriétaires
Pour de nombreux habitants, leur logement n’est pas un simple placement financier. C’est le fruit de toute une vie de travail, d’efforts, d’épargne et de sacrifices. Autoriser davantage de constructions ou une densification accrue par une modification du PLU peut entraîner une perte réelle de valeur des biens existants. Lorsque l’environnement se dégrade, circulation saturée, nuisances accrues, pression sur les services publics, disparition d’espaces verts, l’attractivité du secteur diminue, et avec elle la valeur des logements.
En clair, ce qui est décidé aujourd’hui engage en partie votre patrimoine pour toujours. Une modification du PLU ne se corrige pas au mandat suivant et ne s’efface pas avec le temps. Elle impacte directement la valeur de votre bien, celui que vous avez acheté au prix d’années de travail, et que vous comptiez transmettre ou revendre dans de bonnes conditions. Voter aux municipales, c’est donc aussi voter pour la protection de votre patrimoine : choisir des élus capables de négocier un développement harmonieux et maîtrisé au lieu de se voir imposer des décisions irréversibles qui appauvrissent les propriétaires et transforment durablement la commune sans retour possible.
UN POINT ESSENTIEL : L’INFLUENCE À LA CCEJR
À la Communauté de Communes Entre Juine et Renarde, les décisions structurantes ne se prennent pas uniquement lors d’un vote final. Elles se construisent en amont, dans les commissions, par la discussion, les équilibres entre communes, les alliances et la crédibilité politique des élus qui portent les dossiers. Un représentant isolé, peu présent ou peu écouté, a très peu de poids face à des orientations déjà majoritaires.
Pour défendre efficacement Bouray-sur-Juine, il faut donc plus qu’une position de principe. Il faut un réseau intercommunal, une présence active et constante, une maîtrise réelle des dossiers et une capacité à convaincre dans la durée. Sans cela, la commune subit des décisions prises ailleurs, les orientations s’imposent progressivement, et la densification ou la bétonisation avancent sans véritable opposition locale.
Ce que votre vote détermine concrètement
En votant aux municipales, vous ne choisissez pas seulement une équipe chargée de gérer le quotidien. Vous choisissez aussi qui représentera Bouray à la CCEJR, quelle vision de l’urbanisme sera défendue et si la commune aura la capacité de maîtriser son avenir ou devra appliquer des décisions prises à un autre niveau.
Le vote municipal détermine donc un rapport de force. Il conditionne la capacité des élus à protéger le cadre de vie, à refuser des orientations irréversibles et à défendre les intérêts des habitants face aux logiques de densification imposées.
MESSAGE FINAL
La commune gère le présent : les écoles, les services, l’entretien, la sécurité du quotidien. Ce sont des décisions visibles, immédiates, mais qui peuvent être corrigées d’un mandat à l’autre. L’intercommunalité, elle, décide de l’avenir : orientation de l’urbanisme, aménagement du territoire, activités économiques, transports. C’est à ce niveau que se prennent les orientations qui transforment durablement la commune et qui s’imposent ensuite localement.
Le SCoT est l’outil qui verrouille ces choix. Une fois modifié ou adopté, il encadre tous les projets pour 15 à 20 ans et laisse très peu de marges aux équipes futures. Les municipales donnent donc le pouvoir réel, car elles déterminent qui représentera la commune, qui participera aux décisions intercommunales et qui aura la capacité de refuser des orientations irréversibles. Voter, ce n’est pas un geste symbolique : c’est choisir qui décide pour les prochaines décennies, pour le cadre de vie, pour le patrimoine des habitants et pour l’avenir de la commune.


